Mettre les installateurs en concurrence, puis contrôler ce qui est posé
Le prix d'une installation technique se décide deux fois. La première quand on rédige le document sur lequel les entreprises chiffrent : un cahier flou produit des offres non comparables et des avenants en série. La seconde sur le chantier, quand il faut vérifier que ce qui est posé correspond à ce qui a été payé. Notre travail couvre ces deux moments, et c'est là que nous rendons le plus clairement service au maître d'ouvrage, parce que nous ne vendons aucun matériel et que nous ne touchons rien des entreprises.

Pourquoi trois devis d'installateurs ne se comparent pas
Le réflexe naturel est de demander trois devis. Le problème est que chacun chiffre ce qu'il a compris, avec le matériel qu'il a en stock, et exclut ce qui l'arrange. L'un prévoit le désembouage du réseau, l'autre pas. L'un intègre le percement et la remise en état, l'autre annonce « maçonnerie à charge du client ». L'un dimensionne la pompe à chaleur (PAC) à 12 kW, l'autre à 18 kW. Le moins cher est souvent le moins complet, et l'écart se rattrape en chantier, quand la concurrence a disparu.
Les huit postes qui manquent le plus souvent dans un devis d'installateur sont toujours les mêmes : l'hydraulique et l'équilibrage, la régulation, l'eau chaude sanitaire, l'acoustique, le raccordement électrique, l'autorisation, les subventions, la mise en service et le réglage. Un appel d'offres sérieux commence donc par les mettre noir sur blanc, pour que chaque entreprise chiffre le même périmètre (lire un devis d'installateur).
Ce que contient un cahier de soumission
Nous établissons des cahiers structurés par code des frais de construction (CFC), avec pour chaque lot :
- un descriptif technique par position : caractéristiques, performances exigées, qualités de matériaux, sans nom de fabricant imposé sauf motif technique ;
- les quantités relevées sur les plans, avec avant-métré, de façon que le comparatif porte sur des prix unitaires vérifiables et non sur un forfait opaque ;
- les plans de soumission : schémas de principe, tracés, implantations, coupes des locaux techniques ;
- les conditions particulières : délais et phasage, accès au chantier, horaires, gestion des déchets, état des lieux, prestations d'autres corps de métier à coordonner ;
- les variantes chiffrées séparément, pour pouvoir les activer ou les écarter sans rediscuter tout le prix ;
- ce qui est explicitement exclu, pour supprimer la zone grise où naissent les avenants.
Sur un pavillon scolaire modulaire de six classes dans le canton de Genève, les cahiers ont été accompagnés de plans d'exécution modélisés : la préfabrication ne tolère aucune approximation de tracé.
Le comparatif en prix net rendu
Les offres rentrées, nous établissons un tableau comparatif. Le principe est simple et rarement appliqué : on compare le prix net rendu, c'est-à-dire le prix effectivement payé, une fois déroulée toute la cascade rabais, remise, escompte et taxe sur la valeur ajoutée. Un rabais de 8 % annoncé sur une base qui n'inclut pas les mêmes positions ne veut rien dire ; un escompte conditionné à un paiement à dix jours n'est pas acquis.
| Élément du comparatif | Ce qu'il révèle |
|---|---|
| Prix par position CFC | Où se situe réellement l'écart entre entreprises |
| Cascade rabais / escompte / TVA | Le prix net rendu, seul chiffre comparable |
| Positions non chiffrées ou modifiées | Ce que l'entreprise n'a pas voulu ou pas su prendre |
| Jours et composition d'équipe annoncés | Si le délai promis est crédible |
| Cahiers et plans signés | Si l'entreprise s'engage sur le descriptif ou sur le sien |
| Sous-traitants annoncés | Qui fera réellement le travail |
| Anomalies et oublis | Les avenants à venir, repérés avant la signature |
Ces remarques valent souvent plus que le classement. Une offre moins-disante dont le descriptif n'est pas signé, dont les jours annoncés sont deux fois trop bas et dont trois positions sont vides n'est pas une offre moins chère : c'est un budget incomplet. Pour huit villas neuves sur parking souterrain commun à Trélex, le comparatif a porté sur neuf offres, et le classement final ne correspondait pas au classement des montants bruts.
L'adjudication : une proposition, pas une décision
Nous remettons une proposition d'adjudication motivée : classement en prix net rendu, réserves techniques à lever avant signature, positions à négocier, et recommandation. La décision reste au maître d'ouvrage, qui signe le contrat directement avec l'entreprise et la paie directement. Nous ne sommes pas partie au contrat d'entreprise, et c'est exactement ce qui nous permet de le défendre.
Avant la signature, nous levons les réserves par écrit et nous verrouillons quatre points qui coûtent cher plus tard : le périmètre exact, le délai et le phasage, les conditions de paiement, et les délais de garantie et de dénonciation des défauts selon les conditions contractuelles retenues. Sur une agence bancaire à Rolle, le remplacement de la chaudière et l'assainissement des locaux techniques ont d'abord exigé un relevé de chaufferie complet : un cahier bâti sur un relevé approximatif se paie en découvertes.
La direction des travaux
Adjuger ne suffit pas. En phase d'exécution, nous assurons le suivi pour le compte du maître d'ouvrage :
- séances de chantier et procès-verbaux, avec relevé des décisions et des points en attente ;
- contrôle des plans d'atelier avant fabrication et des percements avant coulage — un percement oublié dans un radier est un carottage en plus et une étanchéité en moins, et ces réserves se règlent avec l'architecte et l'ingénieur civil avant le coulage, pas en séance de chantier ;
- coordination avec les autres corps de métier et les lots sanitaire et électricité : socles, alimentations, tableaux, canalisations, reprises de maçonnerie ;
- contrôle de l'hydraulique : purges, équilibrage, vannes thermostatiques, isolation des conduites ;
- suivi financier : contrôle des situations, des métrés effectifs et des demandes d'avenant, avec avis écrit sur leur bien-fondé ;
- suivi du dossier de subventions, dont le versement dépend de pièces à produire au bon moment.
Nous intervenons dans les phases SIA 41 (appels d'offres), 51 (projet d'exécution), 52 (exécution) et 53 (mise en service), seules ou dans la continuité des phases d'étude. Une entreprise générale nous confie souvent ces quatre phases seules, sur un concept déjà autorisé par un autre mandataire. Le périmètre confié est arrêté au départ et figure dans l'offre écrite (ce que couvre un mandat d'ingénieur).
Travailler en site occupé
Une bonne partie de nos chantiers se déroule dans des bâtiments habités ou exploités, et c'est un métier en soi.
- Phaser avant d'adjuger. Le phasage fait partie du cahier de soumission, pas d'une discussion de chantier : les entreprises chiffrent des conditions réelles.
- Prévoir la continuité de service. Chauffage et eau chaude provisoires en hiver, ou basculement calé en intersaison. Sur un immeuble mixte de Lausanne, la production provisoire faisait partie du projet dès l'étude.
- Annoncer les coupures par écrit, à la journée et à l'heure, aux locataires comme à la régie.
- Protéger et remettre en état : cages d'escalier, ascenseurs, accès, nettoyage quotidien.
- Garder l'exploitation ouverte quand c'est un commerce. Pour un centre commercial de six niveaux en exploitation en région lausannoise, la station de transfert de chaleur de 205 kW, le désenfumage et le sprinkler ont été réalisés sans fermer la surface de vente : travaux de nuit, zones successives, ordre d'intervention négocié avec l'exploitant.
À Genève, sur un immeuble de 47 logements de 1959 surélevé de cinq logements, chauffage et ventilation provisoires faisaient partie du marché : les habitants sont restés chez eux pendant le remplacement de la production de chaleur.
La réception et ce qui vient après
La réception n'est pas une visite de courtoisie. Nous contrôlons les débits d'air réglés bouche par bouche, l'équilibrage hydraulique, les températures de départ et la courbe de chauffe, les régulations et leurs paramètres, l'acoustique si un justificatif était exigé, puis nous établissons la liste des défauts avec un délai de correction et nous vérifions leur reprise.
Nous exigeons également le dossier de révision : schémas conformes à l'exécution, notices, paramètres de régulation, contrats d'entretien, garanties. C'est le document qui permet, cinq ans plus tard, de comprendre l'installation sans tout rouvrir — et c'est celui qui manque presque toujours quand nous reprenons un bâtiment en expertise.
Quelques mandats
- Centre commercial en exploitation, région lausannoise (2022, terminé) : station de transfert de 205 kW, désenfumage, sprinkler, production de froid, cahiers de soumission et suivi d'exécution en site occupé.
- Huit villas neuves sur parking souterrain, Trélex (2026, terminé) : PAC air-eau de 8 kW par villa, ventilation du parking avec détection de monoxyde de carbone et d'oxydes d'azote, soumission et comparatif de neuf offres.
- Surélévation d'un immeuble de 47 logements, Genève (2026) : nouvelle production de chaleur, extraction régulée par la mesure de gaz carbonique, chauffage et ventilation provisoires, soumission et plans d'exécution.
- Assainissement d'un immeuble mixte de huit niveaux, Lausanne (2025, terminé) : déplacement des radiateurs, remplacement des vannes, ventilation des logements, appel d'offres et comparatif.
- Immeuble neuf de cinq appartements en PPE, Lausanne (2025, terminé) : cahiers et plans de soumission pour une entreprise générale, double flux à récupération enthalpique, chauffage au sol.
- Immeuble de 15 logements Minergie, Saint-Prex (2023) : concept technique, devis général, formulaires EN-VD, soumissions et direction des travaux, phases SIA 31 à 53.
- Halle et ateliers d'environ 1'300 m², Nyon (2026) : remplacement des chaufferettes à gaz, comparatif aérothermes ou panneaux rayonnants, soumissions et direction des travaux.
Si vous préférez un interlocuteur unique pour les entreprises techniques et les autres corps de métier, y compris l'enquête, le planning et le dossier de subventions, voyez le mandat clé en main.
Questions fréquentes
Combien d'entreprises faut-il consulter ?
Trois à cinq, selon le lot et la disponibilité du marché. Moins de trois ne crée pas de concurrence ; au-delà de cinq, le dépouillement coûte plus qu'il ne rapporte et les entreprises sérieuses se lassent de chiffrer sans chance raisonnable. Nous privilégions des entreprises actives dans la région du chantier, qui se déplaceront aussi pour le service après-vente.
Pouvez-vous reprendre un appel d'offres déjà lancé ?
Oui. Nous relisons le cahier, nous identifions les manques et nous produisons un complément, ou nous dépouillons les offres déjà rentrées et nous les remettons en cohérence. Nous le faisons régulièrement sur des dossiers dont le descriptif provient d'un fournisseur.
Qui signe le contrat avec l'entreprise ?
Le maître d'ouvrage, toujours, et c'est lui qui paie. Nous préparons, comparons, recommandons, contrôlons et défendons ses intérêts, mais nous ne sommes pas intermédiaire commercial et nous ne prenons aucune commission sur le matériel. Cette indépendance est la condition de l'exercice.
Un chantier en site occupé coûte-t-il plus cher ?
Oui, et il vaut mieux le savoir avant l'adjudication qu'après. Travail par zones, travaux du soir ou de nuit, installations provisoires, protections et remises en état : cela se chiffre. Un cahier qui passe ces contraintes sous silence produit une offre basse et des avenants élevés.
Intervenez-vous aussi sur les lots sanitaire et électricité ?
Oui, sous un seul contrat et un seul interlocuteur pour vous. Nous avons également l'habitude de travailler en groupement de mandataires, ou comme mandataire pilote de la technique dans un projet conduit par un architecte ou une entreprise générale.
Vous avez un projet à mettre en soumission, ou des offres rentrées que vous n'arrivez pas à comparer ? Demander une offre · Nous appeler au +41 79 257 46 00., offre écrite sous cinq jours ouvrés. Contact.
Mise à jour : 2026-09-19