Prestations

Un second avis avant de signer ou après un problème

Vous avez un devis sur la table, un délai de réponse, et l'impression désagréable de ne pas pouvoir juger. Ou une installation neuve qui ne chauffe pas comme promis, une facture d'électricité qui a doublé, un bruit que le voisin ne supporte plus. Dans les deux cas, ce qu'il faut n'est pas un autre devis : c'est un avis technique indépendant, écrit, de quelqu'un qui ne vend rien. C'est notre mandat le plus court et souvent le plus utile. Nous ne touchons aucune commission d'installateur, et nous n'avons donc aucune raison de vous orienter vers une marque ou vers un système.

Documents techniques et comparatif sur une table de travail

Relire un devis : comment cela se passe

Le périmètre est limité d'avance, pour que l'engagement reste faible.

  1. Vous envoyez le devis en format numérique, avec ce que vous avez : plans, photos de la chaufferie, décomptes de chauffage des trois dernières années, année de construction, travaux déjà réalisés sur l'enveloppe.
  2. Un ingénieur vous rappelle pour cadrer la question réelle : comparer deux offres, vérifier une puissance, valider un choix de système, ou savoir si le prix correspond à la prestation décrite.
  3. Nous vous remettons un retour écrit : ce que le devis contient, ce qu'il ne contient pas, ce qui est sous- ou surdimensionné, ce qui pose un problème de conformité, et les questions précises à poser à l'installateur avant de signer.
  4. Vous décidez. Souvent le retour suffit et vous signez en connaissance de cause. Parfois il conduit à une étude de remplacement de chauffage ou à un appel d'offres en règle.

Une visite n'est pas toujours nécessaire pour une relecture de devis. Elle le devient dès qu'il faut vérifier un état existant : encombrement du local technique, état du réseau, implantation possible d'une machine extérieure, distance au voisin.

Les huit postes qui manquent souvent dans un devis

Un devis d'installateur décrit ce que l'installateur va poser. Ce n'est pas la même chose qu'un projet complet. Huit postes manquent presque systématiquement, et ce sont eux qui font l'écart entre le montant signé et le montant payé.

  1. L'hydraulique et l'équilibrage. Sans équilibrage des colonnes et des émetteurs, deux appartements sur le même réseau ne reçoivent pas la même chaleur, et on compense en montant la température de départ — donc en dégradant le rendement.
  2. La régulation. Courbe de chauffe, sondes, priorité eau chaude, abaissement nocturne, comptage. C'est le poste qui décide de la consommation réelle, et il est souvent réduit à une ligne « régulation fournisseur ».
  3. L'eau chaude sanitaire. Chauffe-eau et stockage ECS à redimensionner pour la nouvelle production, pas à reprendre tels quels : un stockage prévu pour une chaudière à 80 °C ne se charge pas de la même façon derrière une pompe à chaleur (PAC).
  4. L'acoustique. Pour une PAC extérieure, un justificatif de bruit est nécessaire, établi sur le formulaire officiel LN-1a ; la nuit est déterminante, avec une valeur de planification inférieure de 10 dB, et le niveau de puissance acoustique à 2 °C extérieur est la valeur pertinente depuis le 1er novembre 2024. Un capot vaut environ −3 dB, un mode nuit −5 dB, un écran −6 dB — et un angle rentrant de façade coûte 6 dB. Ces chiffres décident d'une implantation.
  5. Le raccordement électrique. Puissance disponible, section, protection, adaptation du tableau et annonce au distributeur. Très souvent « à charge du client », sans montant.
  6. L'autorisation. Dispense, annonce ou permis de construire selon le cas dans le canton de Vaud, avec les formulaires EN-VD et le justificatif de bruit ; procédure propre au canton à Genève.
  7. Les subventions. Elles se demandent avant les travaux. Pour les mesures jusqu'à 70 kW du Programme Bâtiments vaudois, aucun appoint fossile n'est toléré : un brûleur à gaz conservé « en secours » fait tomber la subvention. Au-dessus de 100 kW, la part fossile est limitée à 10 % des besoins annuels.
  8. La mise en service et le réglage. Équilibrage effectif, courbe de chauffe réglée sur le bâtiment réel, mesure des débits d'air, procès-verbal et dossier de révision. Une installation bien choisie et mal réglée consomme comme une installation mal choisie.

La lecture ligne par ligne est développée dans lire un devis d'installateur.

Le dimensionnement : le chiffre que personne ne vérifie

Dans la majorité des devis que nous relisons, la puissance annoncée ne repose sur aucun calcul : elle est reprise de la plaque de l'ancienne chaudière, ou déduite de la surface habitable par une règle du pouce. Or les chaudières ont été surdimensionnées pendant des décennies, et l'enveloppe a souvent été améliorée depuis. Nous recalculons donc : déperditions et puissance selon la norme SIA 384/201 à la température de dimensionnement du lieu, besoin d'eau chaude selon SIA 385/2, et recoupement avec les consommations mesurées. Quand le calcul et les factures ne se recoupent pas, c'est qu'une donnée manque, et nous la cherchons.

L'enjeu n'est pas théorique. Une PAC surdimensionnée fonctionne par cycles courts : le compresseur démarre et s'arrête sans cesse, le rendement chute, le bruit augmente, la durée de vie diminue, et l'investissement est plus élevé. Sur un immeuble mixte de Lausanne, la puissance nécessaire est passée de 208 kW à 110 kW une fois l'enveloppe et le calcul repris — un remplacement « à l'identique » aurait installé près du double du nécessaire. Sur une rénovation lourde d'immeuble de bureaux à Genève, notre mandat portait explicitement sur le contrôle du dimensionnement des installations prévues. Voir quelle puissance de pompe à chaleur.

Conformité : ce qui peut bloquer un dossier

Une relecture comprend toujours une vérification de conformité, parce qu'un devis techniquement acceptable peut être juridiquement impossible.

  • Dans le canton de Vaud, le montage et le renouvellement de chauffages électriques fixes à résistance sont interdits, pour le chauffage comme pour l'eau chaude.
  • Le décret sur l'assainissement des chauffages et chauffe-eau électriques, en vigueur depuis le 1er janvier 2025, fixe l'échéance du 1er janvier 2033 et prévoit plusieurs voies selon que le chauffage est centralisé ou décentralisé, avec des prolongations et des dispenses liées à la classe CECB (décret chauffage électrique).
  • Remplacer une production de chaleur par du gaz, du mazout ou du charbon oblige le propriétaire à faire établir un CECB à ses frais. Et la nouvelle loi vaudoise sur l'énergie, adoptée le 3 février 2026 et dont l'entrée en vigueur est annoncée pour janvier 2027, prévoit que ce remplacement se fasse en renouvelable, avec un régime de dérogations à documenter.
  • Côté ventilation, une autorisation du service cantonal est requise dès 1'000 m³/h d'air extrait par bâtiment, et la récupération de chaleur devient obligatoire au-delà de 1'000 m³/h et 500 heures par an.

Un devis qui prévoit un appoint électrique dimensionné, un brûleur à gaz de secours ou une machine extérieure dans un angle de façade met en péril l'autorisation ou la subvention. Nous le signalons avant la signature, quand cela ne coûte encore rien.

Expertise d'une installation existante

Le second volet du mandat porte sur ce qui est déjà en place. L'expertise sert à décider : réparer, régler, ou remplacer — et quand.

Notre démarche : relevé sur place des installations et des réseaux, lecture des paramètres de régulation, relevé des consommations, contrôle des températures et des débits, examen des contrats d'entretien, puis un rapport écrit avec les points critiques, les risques à court terme et un plan de travaux échelonné.

  • Deux immeubles de 1993 à Lausanne, logements et bureaux : audit des installations, chaudière à gaz de 2011 et production de froid en toiture, points critiques et travaux à planifier.
  • Immeuble de bureaux de environ 9'600 m² à Lausanne (965 places de travail, construit entre 1989 et 1992) : chaudière à gaz et ventilation double flux à assainir, division de la ventilation d'un étage.
  • Grande surface commerciale à Conthey, six zones traitées par des appareils en toiture d'environ 13'500 m³/h chacun : arbitrage entre réparation et remplacement, avec variante d'une machine réversible et de monoblocs de 40'500 m³/h.
  • Résidence de neuf appartements en PPE à Bernex, 1'443 m² de surface de référence énergétique : comparatif entre pompe à chaleur et pellets pour une puissance de 65 kW.
  • Deux immeubles d'habitation à Pully : audit de l'existant, chaudière à gaz de 2007 à remplacer, puis projet pour douze appartements avec étude de sondes géothermiques.
  • Portefeuille d'environ 35 immeubles locatifs de Suisse romande : audits de production de chaleur par lots, CECB, et huit audits de raccordement au chauffage à distance.

Pour une PPE, le rapport est rédigé pour être lu et voté en assemblée, et nous venons le présenter si vous le souhaitez (PPE et copropriétés).

Pour une régie, le rapport garde la même trame d'un immeuble à l'autre : c'est ce qui permet de classer un parc par urgence et d'échelonner les budgets sur plusieurs exercices, comme sur le portefeuille d'environ 35 immeubles cité plus haut (régies et gérances).

Après un sinistre ou une panne répétée

Quand une installation neuve ne tient pas ses promesses, la discussion tourne vite à l'opposition entre l'installateur, le fournisseur et le propriétaire. Notre rôle est d'établir les faits : ce qui a été commandé, ce qui a été posé, ce qui a été réglé, et ce que l'installation fait réellement. Nous documentons les mesures, nous comparons avec le descriptif et les règles de l'art, et nous rendons un constat écrit exploitable dans la négociation.

Ce que nous ne faisons pas : désigner un coupable par principe, ni promettre un résultat avant d'avoir vu l'installation. Souvent, le défaut n'est pas le matériel mais le réglage et l'hydraulique — et c'est réparable.

Questions fréquentes

Que devez-vous recevoir pour relire un devis ?

Le devis complet en format numérique, les décomptes de chauffage ou factures d'énergie des trois dernières années, l'année de construction, la liste des travaux déjà faits sur l'enveloppe, et si possible des plans ou quelques photos du local technique. Avec cela, une relecture utile est possible sans visite.

Combien de temps faut-il pour un retour ?

Un ingénieur vous répond, et l'offre écrite suit sous cinq jours ouvrés. Pour une relecture dont le périmètre est défini, le retour suit de quelques jours. Une expertise avec visite et mesures demande davantage, selon la taille du bâtiment.

Allez-vous me dire de ne pas signer ?

Pas nécessairement. Souvent le devis est correct et il suffit de compléter deux ou trois postes et de fixer la puissance par écrit. Notre travail est de vous dire ce que vous achetez, non de disqualifier une entreprise.

Intervenez-vous contre un installateur ?

Nous établissons des constats techniques indépendants, utilisables par les parties et leurs conseils. Nous ne sommes ni avocat ni expert judiciaire désigné : nous apportons la lecture d'ingénieur sur le dimensionnement, l'exécution et les règles applicables.

Une expertise peut-elle servir à préparer un budget de PPE ?

Oui, c'est un usage courant. Le rapport liste les travaux par urgence, avec les échéances légales qui s'imposent — notamment celle du 1er janvier 2033 pour les chauffages et chauffe-eau électriques dans le canton de Vaud — de façon que l'assemblée puisse alimenter le fonds de rénovation en connaissance de cause.

Travaillez-vous aussi à Genève et à Fribourg ?

Oui. Nos mandats se situent pour l'essentiel dans les cantons de Vaud, de Genève, de Fribourg et du Valais, et nous intervenons également à Neuchâtel, dans le Jura et dans le canton de Berne. Les procédures et les seuils diffèrent d'un canton à l'autre : nous les vérifions au cas par cas plutôt que de transposer une pratique vaudoise à Genève.

Envoyez-nous votre devis et vos décomptes de chauffage. Un ingénieur vous répond, et nous vous disons par écrit ce qu'il contient, ce qu'il oublie et ce qu'il faut exiger avant de signer. Envoyer un devis à relire · Nous appeler au +41 79 257 46 00. Contact.

Mise à jour : 2026-09-19