Le bilan thermique SIA 380/1 : la base de tout projet sérieux
Un bilan thermique selon la norme SIA 380/1 répond à une question simple : combien de chaleur ce bâtiment perd-il par ses murs, son toit, ses fenêtres et son renouvellement d'air, et combien lui en faut-il chaque année pour rester à 20 °C. De cette réponse découlent le permis de construire, la puissance du chauffage, la classe CECB et une bonne part des subventions. Chez MZ engineering, aucun projet ne commence par le choix d'une machine : il commence par ce calcul.

À quoi sert le bilan thermique
Le bilan SIA 380/1 est d'abord une pièce du dossier de mise à l'enquête. Dans le canton de Vaud, la qualité thermique de l'enveloppe se justifie selon la SIA 380/1, et le calcul doit être fait avec un logiciel certifié ; nous travaillons avec Lesosai. Le résultat alimente les formulaires énergétiques EN-VD que la CAMAC attend avec chaque demande de permis.
Il sert ensuite à dimensionner. Le besoin de chaleur annuel (Qh, en MJ/m² ou kWh/m²) et les déperditions par élément permettent de calculer la puissance de chauffage selon SIA 384/201, puis de choisir une pompe à chaleur (PAC), une chaudière à bois ou une puissance à souscrire auprès d'un réseau de chaleur. Sans ce calcul, on dimensionne au pouce et l'on surdimensionne presque toujours.
Il sert enfin à comparer. Un bilan bien construit permet de tester en quelques heures l'effet d'une isolation de toiture ou d'un remplacement de fenêtres sur le besoin de chaleur et la puissance nécessaire. C'est l'outil qui remet les décisions dans le bon ordre : enveloppe, production, distribution, régulation.
Source : vd.ch, page « Formulaires énergie pour demandes d'autorisation », consultée le 19.09.2026.
Performance ponctuelle ou performance globale
Le droit vaudois offre deux voies pour justifier l'isolation d'un projet. La performance ponctuelle vérifie élément par élément que chaque paroi respecte une valeur U limite (le coefficient de transmission thermique, en W/m²K). Elle se documente avec le formulaire EN-VD-2a, sans bilan complet, et convient à une transformation modeste où l'on ne touche qu'à quelques parois.
La performance globale compare le besoin de chaleur du bâtiment entier à une valeur limite qui dépend de sa catégorie, de son facteur de forme et de son climat. Elle se documente avec le formulaire EN-VD-2b et exige un bilan SIA 380/1 complet. Plus exigeante à produire, elle est plus souple : une paroi moins performante peut être compensée par une autre.
| Critère | Performance ponctuelle (EN-VD-2a) | Performance globale (EN-VD-2b) |
|---|---|---|
| Ce qu'on vérifie | Chaque élément contre sa valeur U limite | Le besoin de chaleur Qh du bâtiment contre une valeur limite |
| Calcul requis | Valeurs U des éléments touchés | Bilan SIA 380/1 complet, logiciel certifié |
| Souplesse | Aucune compensation entre éléments | Compensation possible entre éléments |
| Cas typique | Remplacement de fenêtres, isolation d'une toiture | Construction neuve, rénovation lourde, surélévation, Minergie |
Un cas de la pratique illustre l'intérêt de la voie globale : pour la surélévation de trois logements en PPE à Denges (240 m² de nouvelle surface de référence énergétique), le bilan a démontré un besoin de chaleur de 149 MJ/m² contre une limite de 158 MJ/m². La chaudière à gaz existante a pu être conservée, avec des capteurs solaires thermiques pour l'eau chaude et du photovoltaïque pour la part d'électricité renouvelable.
Quand le bilan devient obligatoire
Trois situations rendent le bilan complet incontournable dans le canton de Vaud.
- Toute construction neuve ou extension chauffée : le besoin de chaleur doit être justifié par la performance globale.
- La rénovation lourde : le règlement d'application (RLVLEne, art. 2 let. i) la définit comme des travaux du CFC 2 dépassant 50 % de la valeur ECA du bâtiment. La conséquence (art. 19a) est une mise en conformité de l'enveloppe selon SIA 380/1, donc une exigence de performance globale et un bilan complet du bâtiment, pas seulement des parois touchées.
- Le label Minergie et ses variantes, qui reposent sur un bilan SIA 380/1 comme donnée d'entrée, avec des exigences propres sur l'enveloppe et la ventilation.
Le piège vu en pratique : un propriétaire qui rénove par étapes sans savoir que le cumul des travaux dépasse le seuil de la rénovation lourde. Le dossier revient de la CAMAC, et le bilan complet produit après coup peut imposer une isolation non budgétée. Nous vérifions ce seuil dès la première séance.
Ce qu'il faut nous fournir
Le bilan est aussi juste que ses données d'entrée. Pour démarrer, nous demandons :
- les plans à l'échelle (façades, coupes, étages) ou, à défaut, une visite pour relever le bâtiment ;
- la composition des parois existantes si elle est connue (année de construction, épaisseurs, matériaux) ; sinon, nous utilisons les catalogues cantonaux d'éléments de construction et nous le signalons ;
- les fenêtres : type de vitrage, cadre, année de pose ;
- l'affectation des locaux (logement, bureau, dépôt chauffé ou non) ;
- le système de ventilation prévu ou existant ;
- pour une rénovation, les consommations des trois dernières années, qui servent à caler le calcul sur la réalité.
Sur un bâtiment ancien, la visite est presque toujours nécessaire : un immeuble de 1912 à Lausanne ne se lit pas sur des plans d'archives.
Du bilan à la puissance de chauffage
Le bilan SIA 380/1 donne un besoin annuel ; la puissance de chauffage se calcule séparément selon SIA 384/201, à la température extérieure de dimensionnement du lieu. Les deux utilisent les mêmes valeurs U et les mêmes surfaces, ce qui évite les incohérences entre dossier d'enquête et dossier d'exécution.
L'exemple le plus parlant de notre pratique est un immeuble mixte d'environ 2'500 m² SRE à Lausanne (quatre logements, quatre surfaces administratives, un commerce, un restaurant). Le besoin de puissance de départ, avec la chaudière à mazout en place, était de 208 kW. Le bilan de l'enveloppe assainie et le calcul de puissance l'ont ramené à 110 kW, couvert par une PAC air-eau réversible qui alimente aussi un réseau de froid pour les surfaces locatives. Un remplacement « à l'identique » aurait installé près du double de la puissance nécessaire, avec les cycles courts, le bruit et le surcoût qui vont avec.
C'est le cœur de notre méthode, le calcul avant le catalogue, et cela vaut d'autant plus quand la puissance conditionne la source de chaleur, le bruit admissible chez le voisin et la subvention.
Le lien avec le CECB, Minergie et les subventions
Le bilan SIA 380/1 et le CECB ne sont pas le même document, mais ils partagent les mêmes données d'enveloppe. Un bilan bien renseigné accélère l'établissement d'un CECB ou d'un CECB Plus, et inversement. Pour un bâtiment d'avant 2000, la subvention vaudoise M-05 pour une PAC air-eau exige une classe CECB de l'enveloppe entre A et E (A à C au-dessus de 1'000 m) : le bilan permet d'anticiper cette classe avant de déposer la demande.
Pour Minergie, le bilan est la première pièce du dossier de certification. Pour les subventions à l'isolation (M-01) comme pour la ventilation double flux (M-09, qui exige une enveloppe CECB A à C ou Minergie), le canton demande le calcul des valeurs U initiales et finales. Nous produisons ces justificatifs avec le bilan, ce qui évite de payer deux fois le même relevé. Les conditions changent chaque année ; nous les vérifions au dépôt (subventions vaudoises).
Les erreurs que nous voyons le plus souvent
- Une surface de référence énergétique (SRE) mal calculée : elle divise tout le bilan, et une erreur de 10 % sur la SRE fausse la classe et les subventions.
- Les ponts thermiques oubliés (balcons filants, dalles sur sous-sol non isolé, caissons de stores) : sur un immeuble des années 1960, ils peuvent représenter une part significative des déperditions.
- Un facteur d'infiltration repris tel quel alors que la ventilation change : pour les bâtiments d'habitation, la SIA 382/5:2021 (chiffre 5.4.2.1) majore l'air repris — et non l'air pulsé — de 1,3 en neuf et de 1,5 en rénovation quand la perméabilité de l'enveloppe n'est pas connue. Rendre l'enveloppe étanche sans traiter l'air neuf crée des problèmes d'humidité.
- Un bilan fait sur les plans du permis, jamais mis à jour après les modifications de chantier : le certificat final ne correspond plus au bâtiment construit.
- Un calcul de puissance dérivé du bilan par une règle de trois, au lieu d'un calcul SIA 384/201 propre.
Références
Quelques mandats où le bilan thermique a structuré le projet :
Bilan SIA 380/1, formulaires EN-VD, performance globale démontrée (149 < 158 MJ/m²), chaudière à gaz conservée, solaire thermique et photovoltaïque, terminé (2024).
Environ 2'500 m² SRE, besoin ramené de 208 à 110 kW, PAC air-eau réversible, formulaires EN-VD (2024).
Calcul des valeurs U de l'enveloppe, formulaires EN-VD, CECB Plus et dossier de subventions (2023).
Construction neuve, concept technique et formulaires EN-VD, phases SIA 31 à 53 (2023).
229 m² SRE, bilan SIA 380/1 et formulaires EN-VS, raccordement à un réseau de chaleur de 20 kW (2025).
Le bilan est livré avec le dossier de mise à l'enquête ou comme première étape d'un mandat d'ingénierie coordonné. Sur un projet conduit par un architecte, il s'établit en phase 31 ou 32, avant que les plans ne figent la surface de référence énergétique et le périmètre chauffé (architectes).
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour un bilan thermique ?
Pour une villa avec des plans exploitables, quelques jours ouvrés après la visite. Pour un immeuble ancien à relever ou un projet neuf dont les plans évoluent, deux à trois semaines, le temps d'itérer avec l'architecte. Le délai est confirmé dans l'offre écrite, remise sous cinq jours ouvrés.
Un bilan SIA 380/1 suffit-il pour le permis de construire ?
Non. Il alimente le formulaire EN-VD-2b, mais le dossier énergie comprend aussi le formulaire principal EN-VD et, selon le projet, les formulaires chauffage et eau chaude (EN-VD-3), ventilation (EN-VD-4) ou part renouvelable (EN-VD-72). Nous produisons l'ensemble (formulaires EN-VD).
Quelle est la différence avec un CECB ?
Le CECB est une étiquette officielle (classes A à G) établie par un expert certifié, valable dix ans, obligatoire dans certains cas de vente ou de remplacement de chauffage. Le bilan SIA 380/1 est un calcul normatif exigé pour le permis et le dimensionnement. Le bureau fait les deux à partir d'un seul relevé ; les certificats CECB et CECB Plus qu'il établit sont signés par un expert certifié, inscrit au registre officiel des experts CECB.
Faut-il un bilan pour remplacer seulement le chauffage ?
Pas pour le permis, si l'enveloppe n'est pas touchée. Mais pour dimensionner correctement la nouvelle production, nous calculons toujours les déperditions selon SIA 384/201, et nous recommandons un bilan complet dès qu'une isolation est envisagée dans les dix ans : la puissance à installer aujourd'hui en dépend.
Que se passe-t-il si le bilan ne respecte pas la valeur limite ?
Nous cherchons la mesure la plus efficace par franc investi : souvent la toiture ou les fenêtres, parfois la dalle sur sous-sol. Le bilan permet de tester les variantes avant de figer le projet. Si aucune mesure raisonnable ne suffit, la voie ponctuelle ou une dérogation motivée peuvent être examinées avec le service cantonal.
Travaillez-vous aussi à Genève ?
Oui. La norme SIA 380/1 s'applique aussi à Genève, dans le cadre du concept énergétique de bâtiment de l'OCEN, dont les seuils sont propres au canton et que nous vérifions au cas par cas.
Envoyez-nous vos plans ou décrivez le bâtiment via la page contact ; un ingénieur vous répond pour cadrer le bilan et vous remettons une offre écrite sous cinq jours ouvrés.
Mise à jour : 2026-09-19